Ruhango : Le projet FASEP « WISE » apporte une solution durable au manque d’engrais
Les membres des coopératives agricoles cultivant le maïs dans le district de Ruhango se réjouissent du projet FASEP « WISE » (Waste Integrated Solutions Ecosystem) qui va leur fournir du compost pour compléter celui dont ils disposaient déjà.
Ce jeudi 2 mars, dans le district de Ruhango, a été lancé le projet FASEP « WISE », qui vise à réduire les déchets grâce à des machines modernes capables de valoriser aussi bien les déchets biodégradables que non biodégradables. Ainsi, la quantité de déchets sans utilité sera fortement réduite, puisqu’il est prévu que jusqu’à 90 % des déchets soient valorisés, tandis que les 10 % restants seront enfouis, sans danger pour le sol ni pour l’environnement.

Les partenaires découvrent le projet WISE dans le district de Ruhango
Ce projet est financé par l’Ambassade de France au Rwanda et a permis l’acquisition de différentes machines. Parmi celles-ci, certaines traitent les déchets non biodégradables comme les bouteilles et le verre, en les broyant puis en les mélangeant avec du sable et du ciment pour fabriquer des pavés de construction. D’autres machines transforment les déchets biodégradables en un compost naturel de haute qualité, sans additifs, et en un temps réduit.

Des véhicules modernes ont été mis à disposition dans le cadre de ce projet
Ces machines de production de compost ont été particulièrement bien accueillies par les femmes membres des coopératives agricoles cultivant le maïs, qui y voient une solution majeure au problème de fertilisants auquel elles étaient confrontées.

Nyiramugisha Marthe, présidente de la coopérative « Abishyizehamwe Rwoga », explique qu’elles rencontraient habituellement des difficultés liées à un faible rendement, faute de fertilisants suffisants issus de leurs ménages. Elle déclare : « Pour nous, disposer de ces machines est une véritable opportunité. Le compost que nous avions était insuffisant. Parfois, nous cultivions sans fertiliser, ce qui appauvrit les sols et réduit les récoltes. »

Clautilde Nyinawumuntu, membre de la coopérative UATA, également engagée dans la culture du maïs, affirme que le problème des fertilisants trouve désormais une solution durable. Elle déclare : « Nous remercions le gouvernement du Rwanda, le district de Ruhango et leurs partenaires pour cette initiative. Le fait de fertiliser une année sans en avoir l’année suivante freinait l’augmentation de la production. Désormais, nous espérons pouvoir obtenir du compost auprès de COPED. Ce qui était considéré comme des déchets devient une ressource génératrice de revenus, ce qui profitera à tous. »
Le responsable de COPED a expliqué le fonctionnement des machines, indiquant que les déchets biodégradables sont d’abord triés pour éviter tout mélange avec les déchets non biodégradables, puis mélangés à de l’eau. Après deux semaines de traitement, le compost est retiré des machines et mis à sécher avant d’être utilisé.
Il a également précisé que des analyses sont en cours pour améliorer la qualité du compost en y ajoutant les éléments nécessaires afin qu’il réponde aux normes, tout en restant un produit naturel, sans recours aux produits chimiques.

Il a ajouté qu’ils disposent d’équipements permettant d’analyser ce compost, et qu’en cas de besoin, ils peuvent faire appel à des laboratoires externes. Par ailleurs, ils envisagent d’obtenir les certifications nécessaires pour commercialiser ce produit.
Le projet FASEP « WISE » devrait également être étendu à d’autres districts, toujours avec le soutien de l’Ambassade de France au Rwanda. Le représentant du projet a indiqué qu’ils prévoient de collaborer avec trois autres districts dans un premier temps.
Ce projet a coûté environ 429 000 euros, soit plus de 700 millions de francs rwandais.
Regine AKALIKUMUTIMA
